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Menton des Habsbourg: un menton valois par H. Lamendin

 
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MessagePosté le: Mar 20 Avr - 23:20 (2010)    Sujet du message: Menton des Habsbourg: un menton valois par H. Lamendin Répondre en citant

Menton des Habsbourg : un menton Valois  
 

par Henri Lamendin (*)  
            Dans un ouvrage (1) j’ai rapporté ceci : Charles le Téméraire (1433-1477), duc de Bourgogne, qui avait retenu prisonnier Louis XI à Péronne en 1468, mourut tué dans une embuscade, à la suite d'une trahison. Son corps nu fut retrouvé dans la boue d'un étang glacé et identifié bien que son visage ait été « dévoré » par des loups. Il fut alors inhumé, à Nancy, dans la Collégiale Saint-Georges. Soixante-douze ans après sa mort, Charles-Quint (1500-1558), son petit-neveu (dont la prognathie de référence est restée légendaire), songea tardivement à réclamer l'exé­cution d'une clause du traité de Middelbourg, qui permettait aux héritiers du Téméraire de ramener dans ses domaines patrimoniaux, les ossements de leur aïeul.


La translation de ses restes se fit tout d'abord de Nancy à Luxembourg, puis à Bruges, où le Téméraire reposa à côté de sa fille Marie (laquelle ayant épousé Maximilien de Habsbourg en 1477, par son fils Philippe le Beau fut la grand-mère de Charles-Quint) (2). Les ossements du Téméraire avaient été retrouvés très endomma­gés par l'humidité et afin qu'ils ne fussent entièrement détruits par les cahots de la voiture, le cercueil fut garni de paille fraîche. L'examen montra « l'absence, de dents maxillaires, perdues autrefois par le duc lors d'une chute de cheval ; l'examen prouva qu'il avait eu la mâchoire brisée du côté gauche par un coup violent et qu'elle présentait bien la saillie du menton particulière à ceux de sa race » (1).


Au sujet de Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne (1342-1404), Jean-Pierre Soisson (3) a notamment rappelé que « sa mâchoire, avançait, comme avanceront celles de ses fils et des Habsbourg qui, par Marie de Bourgogne, descendront de lui ». Ce fut notamment le cas, pour Charles le Téméraire, arrière-petit-fils de Philippe le Hardi, comme signalé, ci-dessus.


Philippe le Hardi était le quatrième fils du roi de France Jean II le Bon (1319-1364), lequel, ayant été fait prisonnier après la bataille de Poitiers (1356), était revenu en France en laissant l’un de ses fils en otage aux anglais, mais qui, celui-ci s’étant évadé, s’était constitué de nouveau prisonnier et mourut donc en exil, à Londres. Or Jean II, derrière une importante barbe, cachait, pour partie, un « menton bien marqué ».


            À propos de Louis XI (1423-1483), qui, comme Charles le Téméraire, était arrière-arrière-petit-fils de Jean II le Bon, Jean Maupoint (1437-1469), prieur de Sainte-Marie de la Couture, a fait remarquer dans son journal (4), « on note des traits communs : le visage légèrement prognathe avec une forte bouche et un long nez ». Généralement, cette tendance à la prognathie de Louis XI n’a pas été remarquée, l’attention étant surtout attirée par l’important appendice nasal du visage royal.


            Plus tard, un maréchal d’Empire décrira le roi de Rome (1811-1832) en ces termes : « sa figure qui rappelle ses parents, quoique empreinte d’un caractère particulier de la famille impériale d’Autriche, annonce de l’esprit et du sens » (5). Bien que venant d’un courtisan, cet avis faisait allusion à la conformation du menton des Habsbourg, que toutes les représentations (étant devenu duc de Reichstag), ont bien mis en évidence. Quoique dans une toute autre dynastie régnante, le « menton des Habsbourg », ou, plus précisément, le « menton  Valois » (au moins de par Philippe le Hardi), était, alors, revenu en France, … mais, cependant, pour aller s’éteindre chez les Habsbourg, en Autriche !


Que dire des portraits ?


Ayant soumis le texte précédent à mon ami Jean Granat, secrétaire de la commission Histoire de l’Académie Nationale de Chirurgie-Dentaire, celui-ci eut la gentillesse de me faire cette remarque : « es-tu sûr qu’il s’agisse de prognathie et non de macro et progénie ? ». Je l’en remercie, de nouveau.


Je me suis alors reporté aux portraits des personnages cités, sachant, évidemment, que  ceux-ci n’ayant pas la précision indiscutable de photographies, ne sont qu’indicatifs et ne deviennent relativement fiables que par « similitudes répétées », pourvu qu’il ne s’agisse pas, plus ou moins, de copies. De plus, il faut tenir compte du fait qu’ils aient pu être réalisés par des courtisans (qui embellissent généralement) ou adversaires (qui ont, fortement, tendance à caricaturer). On voit avec ses yeux mais aussi avec ce que l’on pense voir ou souhaite voir. Il en est de même pour les descriptions ; c’est connu.


J’ai constaté que si le menton « fort » de Jean II (sur un portrait sans sa grande barbe) était bien indiscutable, on ne pouvait l’associer à de la prognathie, vu le contour des lèvres. Par contre la prognathie de Philippe II le Hardi apparaît, elle, évidente. Confirmant ainsi les dires de Jean-Pierre Soisson (3), et comme je l’ai indiqué précédemment, même si l’on ne part que de ce duc Philippe II, on peut donc dire que « le menton des Habsbourg, est Valois ».


Quelques références :


(1)   Lamendin H. – Anecdodontes. Aventis Ed., 2002.
(2)   Favier J. – Louis XI. Fayard Ed., 2001.
(3)   Soisson  J.P. – Charles le Téméraire, Grasset Ed., 1997.
(4)   Maupoint J. –  Mémoires de la SHIPIF, Fagniez Ed., 1877.
(5)   Lamendin H. – Napoléon II : un dentiste et l’Histoire. Ch. Dent. Fr., 988-989, 104-108, 2000.          


(*) de l’Académie Nationale de Chirurgie-Dentaire


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