histoire de la médecine Index du Forum

histoire de la médecine
Ce forum s'intéresse à tout ce qui est relatif à l'histoire de la médecine, de l'art dentaire, de l'art vétérinaire et des professions paramédicales.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Phytothérapie de Fauchard par Henri Lamendin

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    histoire de la médecine Index du Forum -> histoire de la médecine -> histoire de la médecine
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Invité
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Mar 20 Avr - 23:26 (2010)    Sujet du message: Phytothérapie de Fauchard par Henri Lamendin Répondre en citant

Phytothérapie de Fauchard


par Henri Lamendin (*)


La phytothérapie de Fauchard est celle de son temps. Elle est faite de remèdes composés de végétaux (exclusivement) ou bien de plantes en constituant, souvent, l’essentiel des principes actifs. Parfois, Fauchard précise à qui il s’est référé pour les traitements qu’il emploie (Helvétius, par exemple). Il a cependant des compositions personnelles.


Plantes utilisées par Fauchard :


Aigremoine, althæa (rose trémière), amandier, aristoloche, bistorte, camphrier, cannelier, citronnier, cochléaria, coriandre, cresson, euphorbe, figuier, gaïac, giroflier, grenadier, guimauve, henné, iris, luzerne, mauve, moutarde (sénevé), myrrhe, myrte, olivier, oranger, orcanette, orge, oseille, plantain, prunier, pyrèthre, raphanus (raifort), romarin, roncier, roquette, rose, rue, safran, salsepareille, santal, sassafras, sauge, serpentine, souchet, nicotiane (tabac), tormentille, troène, véronique, vigne.


Fauchard a également fait appel au Calamus aromaticus (l’une des désignations de l’acore odorant), au sang-dragon (liqueur tirée du dragonnier), au Baume du Commandeur de Pernes (aloès, angélique, millepertuis, myrrhe, encens, benjoin …) et au baume topique de Fioraventi (férule, myrrhe, aloès, gingembre, cannelle, girofle, muscade …).


Indications d’usage (les renvois aux tomes et pages, permettent de les consulter dans leur contexte rédactionnel original) :


Poussée des dents chez les enfants



Parties égales d’eau de mauve et d’eau de guimauve, mêlées avec un peu de miel de Narbonne (I, 52)


Décoction avec de l’orge mondé, les raisins de Damas, les figues grasses et la racine de guimauve (I, 52-53)


Pour nettoyer les dents


Jus de citron deux onces ; de l’alun de roche calciné et du sel commun (I, 80)


Racines d’althæa ou de guimauve, infusées dans du vin rouge … d’autres y ajoutent des pruneaux (I, 81-82)


Pour préparer les racines de guimauve, huile d’amande douce où de la meilleure huile d’olive, quatre livres, orcanette (henné employé comme teinture) demi livre … sassafras rapé, girofle, cannelle, iris de Florence, souchet, coriandre, « calamus aromaticus » et du santal citrin de chacun une once … mettre ensuite les racines de guimauve dans cette composition … (I, 83-84)


Les racines de mauve et de luzerne … sont excellentes pour le même usage … pour rendre ces racines plus rouges et plus parfaites, prenez quatre onces de « sang-dragon » en larme … (I, 84-87)


Le suc d’oseille, le suc de citron … ne doivent point être employés purs ou seuls, que très rarement (I, 72)


Pour raffermir les gencives


Vin d’Espagne, eau de feuilles de ronce distillée, de chacun une chopine mesure de Paris, cannelle, demi once, clou de girofle, écorce d’orange amère et sèche, de chacun deux gros … (I, 88)


Trois chopine d’eau commune mesure de Paris … de l’écorce de grenade en poudre, une once … eau distillée de feuilles de myrte, eau distillée de feuilles de ronce, eau de rue …de chacune quatre onces … deux onces d’esprit de cochléaria (I, 90-91)


Pour les ulcères de la bouche, lorsque l’os n’est pas altéré


Gaïac rapé deux gros, racine d’aristoloche ronde trois gros, tormentille un gros, véronique, sauge, fleur de ligustrum (troène) de chacun une poignée … puis on ajoutera dans la colature de la teinture de myrrhe, trois gros … (I, 258-259)


Pour bassiner les gencives gonflées, feuilles d’hysope, de sauge, de cochléaria, de romarin, de nicotiane (tabac), de cresson de fontaine de chacun une poignée, racine de bistorte une demi-poignée (I, 270)


Pour les gencives gangrenées par le scorbut, camphre (tiré du camphrier) un gros … teinture de myrrhe une once (I, 271)


On peut encore avoir recours au baume dessicatif du Pérou, de feu Adrien Helvétius (1661-1727) … dont voici la composition : Deux pintes mesure de Paris d’esprit ardent de cochléaria deux onces et demi de salsepareille, six dragmes de racines d’orcanette et autant de racine de serpentine virginienne … quatre onces de véritable gomme de gaïac … (I, 272). Le baume du Pérou, proprement dit, est le suc résineux provenant d’un arbre de la famille des légumineuses, qui, comme son nom l’indique croît au Pérou, mais aussi au Brésil.


Et pour les maux de bouche dans le scorbut à un gargarisme du même auteur (Helvétius) : racine d’aristoloche ronde et écorce d’orange sèche et amère de chacune demi-once, cannelle deux gros, clous de girofle un gros … camphre un gros (I, 273-274)


Pour faire mûrir et percer un abcès


… morceaux de racine de guimauve et deux ou trois figues grasses … de l’orge et de l’aigremoine … et le safran (I, 427)


… deux figues grasses, une racine de guimauve coupée par morceaux … une petite poignée de feuilles de mauve et une cuillerée d’orge … et le safran (I, 453)


Demi poignée d’orge, une poignée d’aigremoine ou de feuilles de mauve, deux figues grasses et une racine de guimauve coupée par morceaux (I, 456)


Pour le traitement de la carie dentaire


… remplir la cavité (après nettoyage) avec un coton imbibé de cannelle et dans la suite la plomber (II, 80)



Pour le traitement de la carie osseuse



Les huiles de girofle et de cannelle … sont souvent un remède suffisant pour procurer l’exfoliation. L’esprit de vin dans lequel on fait infuser l’iris de Florence et un peu d’euphorbe produit encore le même effet  (I, 254)


Après intervention chirurgicale


… graines de moutarde … chopine d’eau de plantain, verre d’extrait de cresson, deux onces d’esprit de cochléaria … (I, 425)


… eaux de rose et de plantain de chacune deux onces, du vin blanc quatre onces … (II, 114)


Remèdes originaux de l’Auteur (Fauchard)


Eau dessicative, astringente et rafraîchissante qui raffermit les gencives, calme les inflammations qui y sont causée par des affections scorbutiques, et fortifie les dents : Eau de plantain, eau de rose, eau de myrte, eau de rue, eau de cannelle orgée … eau de cochléaria et jus de citron, de chacune deux onces … (I, 91)


Eau spiritueuse, balsamique et antiscorbutique, contre une grande partie des maladies de la bouche : Bonne salsepareille quatre onces, aristololoche ronde, écorces sèches d’orange amères, citrons et grenades, trois onces de chaque, pirêtre (pyrèthre), deux onces, clous de girofle une once, graine de moutarde une once, semence d’éruca ou roquette sauvage, deux onces … y ajouterez du « sang-dragon » en larmes réduit en poudre trois onces et demi, de la véritable gomme de gaïac aussi pulvérisée … eau première de cannelle trois chopines, esprit de cochléaria tiré avec la racine de raphanus (raifort) (I, 92-95)


Parmi les  cinquante plantes médicinales, précisément citées par Fauchard pour leur usage bucco-dentaire (sans tenir compte des « complémentaires », se trouvant dans les baumes, en particulier), on peut remarquer que certaines avaient déjà été indiquées pour le même emploi par d’illustres prédécesseurs, dont, à titre indicatif : dix-huit par de Chauliac (1300-1368), treize par Dioscoride (40-90), douze par Mathiolle (1500-1577), onze par Galien (131-210), neuf par Celse (25 av. J-C- 50), huit par Rhazès (860-923 ?), sept par Hippocrate (462-341 av. J-C), six par Mésué l’Ancien (776-835) et Avicenne (980-1037), notamment (2). 


De nos jours, en phytothérapie bucco-dentaire, est encore usitée (de façon « courante »)  la moitié (« très exactement cinquante pour cent »), de celle de Fauchard (2), dont, en outre, soixante quatre pour cent figurent toujours « dans l’actuelle pharmacopée de référence » (1). 
(1)    Lamendin H. – Soignez votre bouche par les plantes. Remèdes d’hier et d’aujourd’hui. L’Harmattan Ed., 2007.
(2)    Lamendin H. – Précurseurs de la phytothérapie bucco-dentaire occidentale. L’Harmattan Ed., 2008.

                                                                                    (*) de l'Académie nationale de chirurgie dentaire


Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    histoire de la médecine Index du Forum -> histoire de la médecine -> histoire de la médecine Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com