histoire de la médecine Index du Forum

histoire de la médecine
Ce forum s'intéresse à tout ce qui est relatif à l'histoire de la médecine, de l'art dentaire, de l'art vétérinaire et des professions paramédicales.

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

LUIZ NAPOLEÃO CHERNOVIZ par André Fabre

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    histoire de la médecine Index du Forum -> histoire de la médecine -> histoire de la médecine
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
medecine
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 03 Déc 2009
Messages: 19

MessagePosté le: Jeu 22 Avr - 21:24 (2010)    Sujet du message: LUIZ NAPOLEÃO CHERNOVIZ par André Fabre Répondre en citant

LUIZ NAPOLEÃO CHERNOVIZ,  
FIGURE ILLUSTRE DE LA MEDECINE BRÉSILIENNE 
par 
André Fabre 
médecin, délégué national de la Société Internationale d'Histoire de la Médecine 
 
Luiz Napoleão Chernoviz, citoyen de trois pays Brésil, France et Pologne, reste un des grands noms de la médecine
 

SA VIE 

 

Médecin, écrivain scientifique et éditeur, Luiz Napoleão Chernoviz (de son vrai nom: Piotr Czerniewicz), était né en 1812 à Lukov en Pologne
Il y avait très tôt milité pour l'indépendance de son pays participant de près au soulèvement de la Pologne contre la Russie
In 1831, la révolte est écrasée et Chernoviz comme des centaines d'autres Polonais (étudiants, ingénieurs, géologues, naturalistes) vient se refugier en France où il  demande asile politique
Parmi les jeunes patriotes polonais émigrés en France, il se trouvait des médecins mais aussi des étudiants en médecine. Ces derniers eurent la possibilité de terminer leurs études dans les Facultés de Médecine françaises tant à Paris qu'à Montpellier et certains d'entre eux furent diplômés dès 1833.
On dénombra bientôt 300 médecins au sein de la communauté polonaise. Chernoviz va faire ses études de médecine à Montpellier
En 1840 Chernoviz émigre au Brésil pour s'installer à Rio de Janeiro où il va réussir brillamment sa vie professionnelle réussie, devenant membre à part entière de l'Académie Impériale de Medecine
En 1846, il avait épousé Julie Bernard, Brésilienne d'origine française. Le couple a eu six enfants dont un fils Fernando  qui poursuivit l'œuvre éditoriale de son père  
En 1855, Chernoviz revient en France avec sa famille s'installer à Paris dans la future rue Raynouard
Chernoviz mourut à Paris en 1881 après avoir poursuivi ses travaux scientifiques et veillé à l’avenir de siens.
Le nom de Piotr Czerniewicz ne figure pas au cimetière de Passy car son nom a été, par un décret du Conseil d’Etat, modifié, à sa demande, en Chernoviz.
 

SON OEUVRE 

 

Pendant tout son séjour au Brésil, Chernoviz est resté actif au sein des communautés médicale et scientifique de Bahia et Rio de Janeiro. Tout en maintenant une pratique médicale active, Chernoviz a écrit plusieurs livres scientifiques et médicaux, destinés pour le profane, qui est devenu populaire dans toute l'Amérique latine.
Malgré la popularité des travaux publiés Chernoviz, peu d'informations nous ont été transmises sur ses méthodes de travail:, ses registres botaniques et  le système de classement des données qu'il avait accumulées durant son long séjour au Brésil.
Parmi les œuvres plus notables
Formulário e Guia Medico (Vade-mecum de prescription et Guide médical), publié par Edouard et Henri Laemmert à Rio de Janeiro en 1841, réimprimé et réédité à plusieurs reprises jusqu'en 1927. La première édition était un volume unique de moins de 1.000 pages, le deuxième tirage de la 19ème édition en 1927 avait deux volumes et, ensemble, plus de 4.000 pages. Précurseur de l'Ethnopharmacologie
Diccionario de Medicina Popular e das Ciências Acessórias para uso das familias (Guide de médecine populaire et Dictionnaire pour usage familial), en deux volumes, avec 471 I et II de 488 pages, également publié à Rio de Janeiro en 1842/1843. Les éditions 11 et suivants du Formulário et les éditions ultérieures de 6e et le Diccionario ont été publiés à Paris par la firme A. Roger et  Fernando Chernoviz (le fils de l'auteur, Fernando).
Les livres sont magnifiquement illustrés de nombreuses gravures avec des descriptions détaillées aussi bien dans le domaine de l'anatomie que des de la botanique. La pharmacopée contenue dans les livres de Chernowiz s'est pas limitée à la médecine européennes, mais fait largement largement appel aux remèdes indigènes brésiliens.
Historia Natural par Meninos e Meninas (Histoire naturelle pour garçons et filles), avait été publiée en 1860 à Paris.
 

COMMENTAIRES 

 

Chernowiz et le Brésil 
 
 
Chernowiz a vécu 15 ans au Brésil de 1840 à 1855. L'Histoire des Polonais au Brésil justifierait de longs développements : Les premiers émigrants polonais arrivés après les évènements de 1830 apportèrent avec eux bien des coutumes de leur pays : la mazurka et des danses polonaises, les traditions architecturales et même de nombreuses recettes de cuisine.
Les Polonais arrivèrent d'abord à Brusque, dans l'état de Santa Catarina puis vinrent s'installer dans la région toute proche de Paraná où la communauté polonais est à présent est la deuxième en nombre dans le monde.
Parmi les premiers émigrés polonais : l'architecte Stanisław Rymkiewicz, constructeur du port de Manaus.
La biographie de Chernowiz fournit de précieux témoignages sur la vie au Brésil du XIXème siècle et tout d'abord sur son Histoire
En 1807, Napoléon envahit le Portugal; le régent Jean VI s'embarque pour le Brésil et s'installe à Rio. Lorsqu'il quitte l'Amérique, en 1821 seulement, il laisse son fils Dom Pedro. Les Cortes cependant veulent ramener le Brésil au rang de simple colonie et rappellent Dom Pedro au Portugal. Celui-ci, soutenu par la population brésilienne, refuse de rentrer en Europe et proclame l'indépendance du Brésil. Il est déclaré empereur en 1823. En 1825, le Portugal reconnaît l'indépendance brésilienne.
En 1831 pourtant, Pierre Ier, très contesté, doit abdiquer. Il transmet le pouvoir à son fils Pierre II, alors âgé de six ans. Pierre II est déclaré majeur en 1840. Sous le règne de Pierre II, le Brésil connaît un début de modernisation et d'industrialisation. L'esclavage est aboli, mais plus tardivement que dans les pays européens puisqu'il est entièrement supprimé en 1888.
l'Empereur Don Pedro (Pierre II du Brésil), de nom complet Pedro de Alcântara João Carlos Leopoldo Salvador Bibiano Francisco Xavier de Paula Leocádio Miguel Gabriel Rafael Gonzaga de Bragança e Habsburgo (Rio de Janeiro, 2 décembre 1825 - Paris, 5 décembre 1891) est le dernier empereur du Brésil. Il a régné du 7 avril 1831 au 15 novembre 1889, date de la Proclamation de la République du Brésil.
Fils de Pierre Ier du Brésil et de Marie Léopoldine d'Autriche, Pierre II devient empereur à l'âge de 5 ans, le 7 avril 1831, après l'abdication forcée de son père sous la pression d'une opinion publique ne supportant plus son autoritarisme et sa supposée préférence ouverte pour les Portugais vis à vis des Brésiliens
Une régence s'établit pendant la minorité du jeune empereur jusqu'en 1840, quand, lassés des conflits, dont plusieurs rébellions qui faillirent faire éclater le Brésil en différentes républiques, les responsables politiques anticipent l'accession de Pierre II au pouvoir. Pierre II est passionné d'histoire naturelle. Il œuvre beaucoup pour développer l'exploitation des ressources naturelles de son pays. Il est à l'origine de plusieurs missions scientifiques d'explorations. Il se déclare favorable à l'abolition de l'esclavage, qui est prononcée en 1888[]. Cette décision fait perdre à Pierre II le soutien des grands propriétaires terriens.
 L'année suivante, le 15 novembre 1889, la République est proclamée à la suite d'un coup d'État. La famille impériale est expulsée et interdite de séjour. Pierre II meurt deux ans plus tard en 1891 et est enterré dans le panthéon royal des Bragance au monastère Saint-Vincent de Fora à Lisbonne. La mesure de bannissement de la famille impériale étant annulée en 1920, sa dépouille est ramenée au Brésil dès 1921 dans la cathédrale métropolitaine Saint-Sébastien de Rio de Janeiro puis dans la cathédrale de Petrópolis en 1925. Un mausolée impérial est alors construit à l'entrée de la cathédrale, pour accueillir sa dépouille et celle de son épouse, et est inauguré en 1939.
L'œuvre de Chernoviz est une source unique d'informations sur les réalités de l'esclavage au Brésil durant le XIXème siécle
On possède une lettre datée du 27 novembre 1840, où Chernowiz décrit sans esquive les réalités de la condition des esclaves au Brésil :Dans ce commerce des Noirs, nul ne s'inquiète des liens familiaux ; un frère est séparé de son frère, un fils de sa mère, une mère de son enfant.
Le premier souci d'un acheteur est de donner à son esclave de quoi s'habiller car les Noirs arrivent presqu'entièrement nus. L'esclave emmené dans une plantation se trouve confié à un autre, plus âgé, qui le reçoit dans sa cabane, lui apprend les premiers mots de langue portugaise et lui montre les tâches domestiques à accomplir.
Ainsi, quand il s'est reposé quelques jours après les peines du voyage maritime, il est mené aux travaux des champs
Autre "tranche de vie brésilienne" : le récit de l'entrevue de Chernowiz avec l'Empereur Don Pedro II   dans une lettre datée du 25 mai 1841:
L'Empereur Don Pedro, à qui je comptais, comme je te l'avais déjà dit, offrir mon travail, a accepté de  dédicacer mon livre  et a pris, par là- même, l'auteur sous sa protection. Je lui ai rendu deux fois visite ; il m'a reçu avec la plus grande attention et je pense que le récit de mon audience chez lui t’intéressera.
Il y a deux mois, quand l'impression de mon œuvre était presque terminé, j'ai demandé à mon ami le Docteur Sigand, le médecin de l’Empereur, qu'il lui explique  mes intentions et lui demande de me recevoir, ce qui arriva la veille de Pâques. L'Empereur lui a répondu qu'il avait déjà entendu parler de moi et qu'il avait déjà appris à prononcer mon nom difficile, et que, à cause de toute ses obligations religieuses qu'il devait accomplir en cette journée, il n'accorderait d'audience à personne ; il a tout de même souhaité me rencontrer et m'a fixé un rendez vous à cinq heures de l'après midi.  
A l'heure dite, je me suis rendu au palais et j'ai été introduit par le Docteur Sigand dans la pièce où recevait l'Empereur. Je me suis approché, et, en m'inclinant, j'ai prononcé ces mots : " Excellence, quand le peuple brésilien tout entier est rempli de bonheur par le couronnement de votre Majesté Impériale, et se presse pour vous rendre hommage et donner preuve de son amour envers vous, il est tout a fait naturel, votre Excellence, qu'un étranger qui est venu au Brésil, profitant de l'aide de ses bonnes institutions dont vous êtes, votre Excellence, garant et soutien, je me permets également de vous rendre un hommage qui vient droit de mon cœur. Telles sont les raisons qui me poussent à vous offrir, votre Excellence, la dédicace de mon œuvre médicale. Je serai le plus heureux parmi les hommes si votre Majesté Impériale daignait  l'accepter". L'Empereur m'a répondu "Je vous remercie Monsieur le Médecin ! Pour les sentiments que vous me témoignez, et j'accepte volontiers la dédicace de votre œuvre". Quelques semaines plus tard, une fois mon œuvre entièrement imprimée, je suis allé l'offrir à l'Empereur. Chaque samedi, il donne une audience publique pour tous ceux qui désirent l'approcher. Je choisis ce jour- là pour lui remettre mon livre. Je me suis donc rendu au palais où se trouvaient déjà beaucoup de monde qui voulait aussi être entendu par l'Empereur. C'étaient des militaires ou des fonctionnaires de différents rangs, les gouverneurs des villes qui étaient venus assister au couronnement qui devait avoir lieu le 18 juillet, ou des personnes qui avaient des demandes à présenter.
Quand l'heure de l'audience a sonné, le chambellan de la cour nous a introduits dans la salle du trône où se trouvait l'Empereur, entourés de fonctionnaires et autres dignitaires de la cour. Chacun d'entre nous, à son tour, s'approcha de l'Empereur, lui exposa sa requête, lui remit un document et partit sans réponse aucune, car l'Empereur ne s'adresse à personne durant les audiences, et s'incline seulement si cela convient. Quand mon tour fut arrivé, je me suis approché du trône, en disant  "Votre Majesté Impériale, voici l'œuvre dont votre Majesté a bien voulu accepter la dédicace".  L'Empereur a pris mon livre et l’à mis sur la table qui se trouvait à côté du trône ; il s'est incliné poliment et, de cette manière, l'audience a pris fin.
Chernoviz avait été élu membre de l'Académie de médecine du Bresil :  voici les extraits d'une lettre qui commente ces faits, datée du le 27 novembre 1840.
"Il existe ici à Rio-Janeiro, nous dit-il,  une société médicale qui porte le titre d'Académie impériale de médecine, dont les trente membres sont tous des professeurs d'université, issus des meilleurs praticiens de la ville. Cette académie s'occupe de plusieurs projets de santé publique proposés par le gouvernement ; elle veille au respect des lois médicales de l’ordre des médecins et étudie les différents travaux scientifiques.
Au fur et à mesure qu'un de ses membres disparaît, il est remplacé par cooptation. Depuis quelques jours une place s'étant libérée et  la majorité des académiciens ayant appuyé ma candidature, celle-ci a été envoyée au ministre. Le nouveau titre de membre de cette académie ne m'apporte rien de plus qu'un peu de prestige, mais tout de même beaucoup de plaisir, car il m'a fait connaître auprès du grand public. Je le dois à ma participation à la rédaction du journal médical local.
Pour être choisi comme membre de l'académie, il est nécessaire d'être docteur de l'université locale, c'est pourquoi, avant d'inscrire mon nom sur la liste des candidats, j'ai passé de nouveaux examens."
Chernowiz avait, de plus, obtenu le titre de Cavaleiro da Ordem de Cristo (Chevalier de l'Ordre du Christ) et Oficial da Ordem da Rosa (Officier de l'Ordre de la Rose).
 

Chernoviz et la France 
 
 
Chernowiz était arrivé en France au lendemain de la "Grande Insurrection Polonaise de 1831. Il avait fait ses études de médecine à Montpellier : c'st là qu'il soutient en 1837 une thèse sur le Diagnostic spécial et différentiel des tumeurs du scrotum. 1Au retour du Brésil, il vient habiter Passy qui était alors une commune d’environ 18.000 habitants à laquelle on accédait par une voie à l’emplacement de la rue Beethoven, avant le percement du boulevard Delessert. Elle était animée dans sa Grand-Rue, aujourd’hui la rue de Passy, quartier ou existe maintenant la rue Chernoviz où se situe l'Ecole qui porte ce nom. Plus tard, Passy devait en 1860, constituer avec les villages d’Auteuil, de Chaillot et de la Porte Dauphine, un arrondissement de Paris.
Chernowiz achète un terrain 11, rue Basse (plus tard 24, rue Raynouard) à l'angle de la future rue Nicolo[1]) pour y faire construire un hôtel particulier.
 

Chernoviz  et la Pologne 
 
Chernowiz a gardé toute sa vie le souvenir de son pays natal où il avait passé une bonne partie de sa jeunesse jusqu''à la survenue de l'Insurrection Polonaise de 1830.
En voici un bref rappel:
18 novembre 1830 : le tsar Nicolas Ier de Russie, qui veut intervenir contre les Belges au non de la Sainte-Alliance, donne l’ordre de mobilisation des troupes polonaises.
29 novembre: des soulèvements de patriotes polonais sont écrasés dans le sang par la Russie.
Dans la nuit du 29 au 30 novembre, à Varsovie,  une petite troupe de conspirateurs civils attaque le palais du Belvédère où réside le grand-duc Constantin, frère du  tsar ; au même moment les cadets de l’école des officiers défilant dans la Vieille Ville se heurtent aux soldats russes. Le grand-duc s’enfuit dans la confusion, les généraux polonais refusent de suivre les cadets. Quelques-uns sont mis à mort, la majorité des troupes polonaises continuant d’obéir aux ordres. Les quartiers riches de la ville restent calmes, mais le secteur populaire s’empare des armes de l’arsenal. Constantin refuse d’engager ses troupes, et au matin, les jeunes révolutionnaires sont maîtres de la capitale. Les autorités impériales russes sont chassées de Varsovie. Le ministre du Trésor et de l’Industrie Drucki-Lubecki prend les choses en mains afin de négocier avec le tsar et de maintenir le mouvement révolutionnaire dans des voies modérées : il crée un Conseil administratif. Les patriotes mettent un club sur pied, la Société patriotique, dont un des chefs est l’historien Joachim Lelewel.
13 décembre : Le Conseil négocie avec Constantin qui accepte de retirer de Pologne les troupes russes. Le prince Czartoryski essaye de son côté de discuter avec Saint-Pétersbourg, tandis que le général Josef Chłopicki, ex-officier napoléonien, se proclame dictateur et adopte une position d’attente.
18 décembre : Le Sejm (la Diète polonaise) affirme le caractère national de l’insurrection. Le tsar annonce son intention de reconquérir militairement le pays..
Le 25 janvier 1831, la Diète proclame  l’indépendance du pays.  Craignant l’une et l’autre pour leur propre part de  Pologne, l’Autriche et la Prusse se gardent bien de venir  en aide aux insurgés. En France et en Angleterre, l’enthousiasme pour la cause polonaise est très  vif. On manifeste dans les rues de Paris et de Londres aux cris de “vive la Pologne!”. Mais,  prudents, les gouvernements refusent d’intervenir autrement que sur le  terrain diplomatique, et en vain. Animés d’une immense ardeur  patriotique, les Polonais vont opposer une résistance héroïque aux armées  du tsar, mais face aux 170 000 hommes bien entraînés du général  Paskiewitch, ils ne peuvent opposer qu’une modeste force de 80 000  soldats. Ils sont en outre divisés entre “Rouges” et “Blancs”. Les  premiers veulent mobiliser les masses par l’octroi d’une réforme agraire  et d’institutions favorables aux couches populaires. Les seconds, issus  principalement de la noblesse et du clergé, redoutent moins le tsar que le  peuple et sont prêts à composer avec Nicolas Ier plutôt que de laisser se  développer une situation révolutionnaire.
 Le 7 septembre 1831, l’armée russe s’empare de Varsovie. Aussitôt une  très dure répression s’abat sur la Pologne: régime militaire, suppression  de toutes les libertés, exécutions, bannissements, déportations en Sibérie,  fermeture des universités, etc.
De nombreux Polonais, dont le compositeur  Frédéric Chopin, se réfugient dans les États libéraux de l’ouest européen, et, en particulier, la France, gardant le souvenir de la "fraternité d'armes" qui avait uni les médecins français aux pendant la terrible guerre de 1830-1831 [2]
C'est ainsi que Chernowiz est arrivé en France
Chernowiz portait profondément ancré en lui la marque de ses origines polonaises : en témoigne le courage et l'énergie indomptables dont il a toujours témoigné. Il s'y mêlait pourtant une pointe d'amertume et de nostalgie comme on le trouve si souvent chez les Brésiliens
 

 

CONCLUSIONS 

 

Luis Napoléon Chernowiz aura été "Citoyen du monde", citoyen du Brésil, mais aussi de la France et de la Pologne.
Il reste un grand nom de la médecine du XIXème siècle : auteur d'une importante série de travaux sur les plantes médicinales d'Amérique du sud, Chernowiz aura été parmi les premiers a donner place à l'ethnopharmacologie dans le recherche médicale contemporaine.



[1] Nicolas Isouard, dit Nicolo (1775-1818), compositeur. Historique. Précédemment rue des Carrières

[2] Parmi les nombreux médecins français qui vinrent combattre en Pologne, rappelons quelques uns qui, comme Joseph F. Malgaigne et Scipion Pinel (médecin-chef de l'Hôpital Ujazdowski dans Varsovie insurgée) tous les deux décorés de la Croix Virtuti Militari, ainsi que Alexandre J.F.Bierre de Boismont, Jean B. de Chamberet, François Foy, ont participé activement à l'insurrection de Varsovie. En Pologne au moment de l'insurrection ils soignèrent avec un grand dévouement les blessés et les malades et publièrent pour les quatre derniers d'entre eux un mémoire sur l'épidémie de choléra en Pologne pendant cette période. Au total, on dénombra 250 000 victimes de cette épidémie dans l'Empire Austro-Hongrois en 1831.
 


Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    histoire de la médecine Index du Forum -> histoire de la médecine -> histoire de la médecine Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com